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« J’ai entendu les pleurs de Moïse sous les décombres… »

Bénéficiaires Réadaptation
Haïti

Moïse avait quatre ans lorsqu’il a perdu sa jambe gauche suite au séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. 

© Davide Preti

2019, les vacances d’été touchent à leur fin. Moïse (13 ans), ses parents et son jeune frère Sonel (11 ans) habitent depuis quelques années dans le quartier de Mariani, un peu en-dehors de Port-au-Prince. Les murs et le toit de leur modeste demeure sont en tôle ondulée. A cause du tremblement de terre, la famille a tout perdu. Plus de maison, plus rien. Mais heureusement, ils ont tous survécu. 

Comme Neymar et Cristiano Ronaldo

Ces dernières semaines, Moïse a donné un solide coup de main à la maison : nettoyage, lessive, cuisine, ménage… Mais sa grande passion, c’est le foot. Il va d’ailleurs souvent jouer avec son frère sur le chantier à côté de la maison, qui leur sert de terrain de foot. Pourtant cet été, Moise a dû se contenter de jouer sur les applications de football d’un téléphone portable. Sa prothèse était devenue trop petite, elle lui faisait trop mal pour marcher. Moïse était encore petit quand il a reçu sa première prothèse grâce au soutien de HI, et a commencé les premières séances de réadaptation, en 2010. Depuis, vu sa croissance et l’usure de sa prothèse, elle a dû être remplacée plusieurs fois. 

Moïse s’est donc rendu fin août au centre de réadaptation physique de Healing Hands for Haiti, afin de recevoir une nouvelle prothèse, avec le soutien de HI. Moïse pourra donc reprendre le chemin de l’école et rejouer au foot avec ses copains. 

Une journée atroce

Wecheline, sa maman, se rappelle dans les moindres détails de cette sombre journée, il y a presque 10 ans déjà :

« Je suis partie apporter le repas à mon mari quand la terre a commencé à trembler. Quand je suis rentrée, il ne restait plus rien de notre maison. J’ai entendu la voix de Moïse sous les décombres. Il pleurait et criait ‘maman, maman, maman’.»  

Une semaine plus tard, Moise a été amputé.

« Cette période a été terriblement difficile pour moi » explique sa mère. « Moïse n’avait pas de béquille, il ne pouvait pas marcher. Il devait se déplacer en rampant. Lorsqu’on m’a dit qu’il allait recevoir une prothèse, j’ai sauté de joie. »

Entre-temps, Moise rêve. Pas de devenir footballeur, mais plutôt ingénieur ou médecin. Car il est convaincu que sa jambe aurait pu être sauvée s’il y avait eu suffisamment de médecins après le tremblement de terre.

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