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4 avril : Journée internationale pour la sensibilisation au problème des mines et l’assistance à la lutte contre les mines

Mines et autres armes
International

A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les mines, HI s’alarme de l’augmentation effrayante du nombre de civils victimes des armes explosives : 32 008 civils ont été tués ou blessés par des armes explosives en 2016 (sur un total de 45 624 victimes), selon Action on Armed Violence (AOAV). Le bilan s’annonce encore plus lourd pour 2017, sachant que les civils représentent 90 % des victimes des armes explosives quand elles ont utilisées en zones peuplées. 

En Janvier 2017, Handicap International a lancé ses activités de déminage en Irak.  © Elisa Fourt / HI

En Janvier 2017, Handicap International a lancé ses activités de déminage en Irak. © Elisa Fourt / HI

L’Observatoire des mines a enregistré une augmentation spectaculaire des victimes de mines et restes explosifs de guerre ces trois dernières années. La Syrie, l’Afghanistan, la Lybie, l’Ukraine et le Yémen sont parmi les principaux pays touchés. Nous appelons  la communauté internationale à redoubler d’efforts pour la mise en œuvre du Traité d’interdiction des mines antipersonnel et de la Convention contre les armes à sous-munitions. Les Etats doivent également s’engager résolument au niveau international pour mettre fin à l’utilisation des armes explosives en zones peuplées. 

Ce triste bilan est directement lié à l’utilisation massive dans les conflits récents (Irak, Syrie, Yémen…) d’armes explosives dans des zones peuplées, incluant des armes interdites comme des mines antipersonnel et des bombes à sous-munitions. L’utilisation des armes explosives en zones peuplées tue et blesse à 90 % des civils.

Le conflit syrien est particulièrement marqué par l’utilisation massive et répétée des armes explosives. Selon un recensement de l’International NGO Safety Organisation (INSO), 33 394 attaques impliquant des armes explosives ont eu lieu en Syrie en 2017 (soit 70 % des incidents répertoriés).

L'utilisation d'armes explosives en zones peuplées est massive et continue. Cette pratique qui tue et blesse en majorité les civils laisse de grandes parties de territoire contaminées par les restes explosifs après les combats : à titre d’exemple, la Ghouta orientale se retrouve largement contaminée par les frappes aériennes lancées le 18 février 2018 et qui ont fait plus de 1 100 morts. Lors de l’offensive à Rakka, en 2017, les frappes aériennes massives et les tirs d'artillerie ont dévasté la ville et l’ont totalement contaminée par les restes explosifs. Il faudra des années pour déminer ces zones.

En Irak, en Syrie, en Ukraine, etc., les bombardements et pilonnages laissent des restes explosifs de guerre qui contaminent durablement des vastes parties de territoire longtemps après les combats ou un conflit. Dans les quartiers ou les villages touchés par un bombardement, la présence de ces restes explosifs de guerre menace la vie des civils et rend impossible le retour à une vie sociale et économique normale.

Publié en novembre dernier, le rapport annuel de l’Observatoire des mines rend compte de l’augmentation vertigineuse en 2016 du nombre de nouvelles victimes de mines et restes explosifs de guerre : le rapport montre que le nombre de nouvelles victimes de mines industrielles ou de fabrication artisanale, et restes explosifs de guerre a été multiplié par 2,5 en trois ans, passant de 3 450 en 2013 à 8605 en 2016.

Ce bilan est le plus lourd enregistré par l’Observatoire depuis la publication de son premier rapport annuel en 2000 (9 228 victimes recensées en 1999). Le nombre de nouvelles victimes augmente pour la troisième année consécutive après 15 ans de baisse presque continue.

« Les bombardements et les pilonnages laissent un grand nombre de restes explosifs de guerre car un pourcentage significatif des bombes, missiles, obus, etc., n’explose pas à l’impact. Ces restes explosifs sont une menace durable pour la vie des civils longtemps après un combat ou un conflit, menace identique à celle posée par les mines antipersonnel », explique Petra Schroeter, directrice de HI Suisse.

HI mène une campagne internationale pour dire « stop aux bombardements des civils ». L’association se donne pour objectif de réunir 1 million de signatures à sa pétition pour les remettre aux décideurs politiques en septembre 2018. HI œuvre au sein de la coalition INEW (International Network on Explosive Weapons) à inciter les Etats à s’engager à mettre fin à l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées.

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