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Personnes handicapées, les oubliées de l’aide d’urgence

Insertion Prévention

75% des personnes handicapées estiment être exclues de l’aide humanitaire, révèle une enquête de Handicap International sur les personnes handicapées dans la réponse humanitaire, Disability in Humanitarian Contexts*, publié ce 14 octobre. 

Dinesh Rana, 22 ans, essaie un fauteuil roulant pour accéder à une pompe à eau surélevée pour les personnes handicapées

Démonstration de matériel et procédures DRM. Ici Dinesh Rana, 22 ans, est le président du comité de gestion des catastrophes de Shankarpur (DMC), essayant un fauteuil roulant pour accéder à une pompe à eau surélevée. | © Brice Blondel / Handicap International

Ce rapport est rendu public alors que 900 représentants du monde humanitaire se réunissent aujourd’hui à Genève pour préparer le Sommet mondial de l’humanitaire. L’association identifie les obstacles à l’intégration des personnes handicapées dans l’aide d’urgence et soumet des recommandations aux gouvernements, agences internationales et ONG afin qu’ils tiennent compte des besoins des personnes handicapées dans leurs réponses humanitaires.

> Crises humanitaires: les personnes handicapées sont invisibles

Les personnes handicapées passent restent trop souvent en dehors du radar des organisations humanitaires dans les situations de crise, comme des conflits ou des catastrophes naturelles, constate Handicap International dans son enquête, Disability in Humanitarian Contexts. 75% des personnes handicapées interrogées affirment avoir eu insuffisamment accès aux services humanitaires essentiels que sont l’approvisionnement en eau, la distribution de nourriture, les services de santé et la fourniture d’abri.

"Les personnes handicapées font face à des nombreux obstacles pour accéder à  l’aide humanitaire, explique Camille Gosselin, responsable du plaidoyer humanitaire à Handicap International. Les raisons sont multiples: manque d’information sur les services proposés, difficulté d’y accéder parce que trop éloignés, infrastructures inadaptées au handicap, etc. Améliorer les choses est parfois une simple affaire de bon sens: dans de tel camp de réfugiés, vous verrez des points d’eau ou des toilettes avec des marches. Une personne en fauteuil roulant ne pourra pas les utiliser!  Nous devons mettre fin à ces discriminations."

> Les plus vulnérables en situation de crise

Les personnes handicapées sont pourtant les plus fragilisées lors d’une crise humanitaire, montre le rapport: 54% de celles interrogées ont souffert de blessures provoquées par un conflit ou une catastrophe, conduisant  dans certains cas à un handicap supplémentaire. L’étude met également en lumière une réalité inquiétante, celle des violences physiques, sexuelles ou psychologiques dont se disent victimes 27% des personnes interrogées et qui nécessitent la mise en place de mesures pour mieux les protéger.

En conclusion de son rapport, Handicap International appelle gouvernements, agences internationales et ONG à mieux prendre en compte les personnes handicapées au moment de la définition de leurs programmes, à surtout les écouter - car elles restent les mieux placées pour identifier leurs besoins. Ils doivent également adapter leurs services et leurs infrastructures aux personnes handicapées. Les discussions  actuellement en cours pour le Sommet mondial de l’humanitaire se doivent déboucher sur des engagements clairs précis pour assurer que les personnes handicapées soient enfin prises en compte dans la réponse humanitaire.

 

www.handicap-international.org/fileadmin/2015Disabilityinhumanitariancontext.pdf. L’étude Disability in Humanitarian Contexts s’appuie sur une consultation en ligne effectuée d’avril à juin 2015 par Handicap International auprès des personnes handicapées, des organisations de défense des personnes handicapées et des organisations humanitaires. 769 personnes ont répondu à cette enquête l’échelle mondiale. Le rapport qui en a été tiré a été versé aux discussions du Sommet humanitaire mondial qui vise à réformer le système humanitaire mondial et dont la réunion finale aura lieu en mai 2016 à Istanbul, en Turquie.

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