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Handicap International récompensée pour son engagement

Mines et autres armes

Le 4 octobre 1996, il y a tout juste 20 ans, l’Office du Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) remettait la distinction Nansen à Handicap International « pour son dévouement au service des réfugiés et sa contribution à la campagne pour l’élimination des mines antipersonnel ». Son co-fondateur, Jean-Baptiste Richardier, revient sur cette page de l’histoire de l’association.

 

A. Hollmann / UNHCR

Qu’est-ce que la distinction Nansen ?

Jean-Baptiste Richardier : La distinction Nansen est attribuée chaque année par le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) afin de récompenser les individus ou les organisations ayant œuvré en faveur des populations déplacées.

Quelle a été l’importance de cette distinction pour Handicap International en 1996 ?

J-B.R : Ce fut d’abord une grande surprise. Nous ne savions pas que nous étions nominés ! Cette distinction nous a profondément touchés et beaucoup apporté : en 1996, Handicap International était une organisation encore jeune (nous avions alors moins de 15 ans d’existence), un peu rebelle et déterminée, menant son combat pour une meilleure prise en compte des personnes handicapées, notamment lors d’exodes de réfugiés. A cette époque, nous avions déjà de nombreuses collaborations avec l’UNHCR, cela ne nous a jamais privés de notre indépendance d’esprit. A de nombreuses reprises, nous avions su nous montrer critiques à son égard, d’où notre surprise ! Avec cette distinction, Handicap International a bénéficié d’une belle reconnaissance professionnelle de la part des organisations internationales et humanitaires.
 
Quel rôle jouait alors Handicap International aux côtés de l’UNHCR ?

J-B.R : Au milieu des années 90, l’une des plus grandes crises de réfugiés se trouvait aux frontières que la Thaïlande partage avec le Laos, le Cambodge et la Birmanie. D’importantes opérations humanitaires avaient également lieu dans les camps de réfugiés afghans au Pakistan. Ces deux crises ont été pour le HCR d’énormes défis organisationnels et financiers soutenus par des partenaires comme Handicap International, qui se trouvaient  en responsabilité de programmes humanitaires de grande ampleur. Mais plus encore, cette distinction est intervenue alors que Handicap International commençait depuis quelques années à constituer son département « Action contre les mines ». C’est au Cambodge que nous avons commencé nos premières opérations de déminage, en soutien aux Nations unies, alors impuissantes face à l’ampleur de la menace des mines sur les réfugiés rapatriés des camps en Thaïlande. C’est dans ce contexte que le déminage humanitaire a vu le jour et Handicap International est fière d’en être l’un des précurseurs. Le HCR a voulu ainsi saluer cet engagement. J’ajoute enfin qu’en 1996, notre légitimité au sein de la Campagne pour interdire les mines (ICBL) s’est vue grandement renforcée, un an avant  l’adoption de la Convention d’Ottawa, qui interdit ces armes.

Quel souvenir gardes-tu de la cérémonie ?

J-B.R : Ce fut une cérémonie d’une grande solennité, en présence des représentants de la « Genève internationale »  Dans son discours, Madame Ogata a exprimé des mots très forts : « Mon organisation doit beaucoup aux responsables de Handicap International. Présente sans relâche aux côtés des personnes handicapées (…) votre association représente l’humanitaire dans ce qu’il a de meilleur ».

Cette distinction a-t-elle changé quelque chose pour Handicap International ?

J-B.R : Cette distinction nous a offert une visibilité médiatique durable. L’image de sérieux d’une ONG sur laquelle le Haut Commissariat aux réfugiés peut compter est venue renforcer notre crédibilité auprès des donateurs. Cette distinction a marqué un tournant dans l’histoire de l’association et peut-être son entrée dans la cour des ONG qui comptent.

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