Ouragan Matthew : « Le toit s’est envolé, les murs sont tombés » | Handicap International CH
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Ouragan Matthew : « Le toit s’est envolé, les murs sont tombés »

Urgence
Haïti

Handicap International mobilise ses équipes présentes en Haïti, renforcées par des spécialistes de l’urgence arrivés vendredi 7 octobre, après le passage de l’ouragan Matthew le 4 octobre dernier. Une partie du territoire haïtien a été dévastée, des milliers de maisons détruites. Les Nations unies estiment que plus de 1,3 million de personnes sont affectées, dont 750 000 qui ont besoin d’une assistance immédiate. Témoignage de Josie et Moise, habitants du sud d’Haïti durement affecté par la catastrophe.

Habitations détruites dans le sud d'Haïti après le passage de l'ouragan Matthew

Habitations détruites dans le sud d'Haïti après le passage de l'ouragan Matthew | © P. Thieler / Handicap International

« J’habite Ravine à Charles, sur la commune de Jérémie (ndlr : une des villes les plus touchées par l’ouragan Matthew), explique Josie Pierre, 22 ans. Dans cette localité, nous avons tout perdu. La maison où je vivais avec ma mère et deux neveux est détruite. La toiture en tôle s’est envolée et les murs sont tombés. La maison de mon oncle et celle de mon cousin n’ont pas non plus résisté au passage de cet ouragan. À ma connaissance, toutes les maisons de cette localité ont été détruites par l’ouragan. Seules quatre habitations sont intactes ».

Pour ces familles qui vivaient déjà dans une grande précarité, les prochains mois s’annoncent très sombres, comme le déplore Josie :

« Nous avons perdu l’ensemble de notre bétail, nos bœufs, nos cochons, nos chèvres et nos volailles. Je ne sais pas comment nous allons faire pour survivre maintenant que nous n’avons plus rien. Je n’avais jamais vécu une telle catastrophe. »

Face à ce dénuement et à l’isolement – le réseau téléphonique est inexistant – les habitants de rivière Charles ont commencé à s’organiser : « Nous essayons de récupérer des tôles et des débris de maisons pour constituer des abris pour passer la nuit ».

"Nous sommes obligés de boire l'eau de la rivière"

Pour Moise Clarel, 77 ans, la situation est la même dans la commune de Port-Salut. Il doit à la générosité d’un proche, qui possède une maison en dur, de ne pas dormir dehors, depuis que la sienne a été balayée par l’ouragan. « Un vent violent soufflait sur notre localité depuis lundi soir 18 heures. Ma maison s’est effondrée au beau milieu de la nuit suivante après que la toiture en tôle s'est envolée et que l’eau a envahi la maison. Je voulais me réfugier chez l’un de mes fils mais sa maison était également détruite. Quand il a commencé à faire jour, je me suis rendu compte que toutes les maisons de la zone étaient à terre. »

 

« Nous consommons les fruits que nous avons pu sauver, mais dans quelques jours nous n’aurons plus rien à manger. Et notre bétail a été décimé par l’ouragan. Aujourd’hui, nous sommes obligés de boire l’eau de la rivière, car elle est plus propre que l’eau des puits. »

Une équipe d’urgence est arrivée à Port-au-Prince vendredi matin pour renforcer les équipes de Handicap International habituellement présentes en Haïti. Leurs priorités : favoriser l’acheminement de l’aide vers les personnes les plus fragiles, proposer des soins de réadaptation aux blessés et un soutien psychosocial aux personnes traumatisées. Des distributions de bâches et cordes devraient également être organisées pour permettre aux familles de constituer des abris. Des kits de cuisine, des tablettes de purification d’eau, ainsi que des aides spécifiques comme des béquilles ou des déambulateurs doivent compléter ce dispositif.

Published on: 9 octobre 2016
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